Partager l'article ! L'imzad, un savoir culturel ancestral: L'imzad, un savoir culturel ancestral Les touaregs, appelés les ‘hommes bleus’ …‘les ho ...
L'imzad, un savoir culturel ancestral
Les touaregs, appelés les ‘hommes bleus’ …‘les hommes voilés’ ….
Encore ‘les gens de parole’ …Les ‘Amazighens’, Les fils du vents….
Et, en solo, le climat est confié à un
homme. Sur l’air de l’imzad, l’homme chante et seul le son de la voix de l’homme est admis à se mêler à celui de l’instrument.
Plusieurs civilisations sont passées au Sahara ; aucune n’a fait sombrer dans l’oubli la pratique de l’ahal grâce à l’imzad. En effet l’ahal a toujours constitué un rassemblement mondain, littéraire et musical.
Dans le dictionnaire Touareg-Français du Père de Foucauld (tome III page 1270-1271), Foucauld écrit :
« L’imzad est l’instrument de musique favori, noble, élégant par excellence ; c’est lui qui a toutes les préférences, qu’on chante dans les vers, après lequel on soupire quand on est loin du pays, dont il est comme le symbole et dont il rappelle toutes les douceurs ; l’imzad est le compagnon habituel des Ahal élégants ; on en joue aux hôtes qu’on veut honorer ; bien jouer de l’imzad est une qualité rare et recherchée chez une femme, la perfection de la distinction et de l’élégance… »
L’éducation musicale et littéraire des jeunes filles est fort appréciée chez les Touaregs. Les filles apprennent à écrire le tifinakh et à jouer de l’imzad très jeunes et ce sont les mamans ou parentes qui ont la charge de transmettre ce savoir. Les jeunes gens se déplacent de loin pour venir écouter les bonnes joueuses. « Ta Teggatet imzad » veut dire « les joueuses d’imzad » oui ce savoir est toute une poésie au féminin.
Dans les textes touaregs en prose, Charles de Foucault écrit en 1922 :
Quand une femme de l’Ahaggar sait très bien jouer du violon, celui qui entend parler d’elle viendra lui rendre visite pour l’écouter jouer. On dira d’elle :-« ces airs ne sont pas faciles. Seule une femme qui maîtrise vraiment le violon peut les interpréter. On entend parler d’elle dans tout l’Ahaggar , en Ajjer et même dans l’Adrar des Ifoghas. Tout le monde reconnaît qu’elle sait jouer du violon ! Son jeu émeut les hommes au plus profond de leurs âmes. Si on l’entend jouer alors qu’on dort, tout le monde se lève, jeunes et vieux ! »
On joue du violon dans la matinée. C’est l’occasion d’une réunion galante jusqu’à midi. Puis on se lève pour partir. On joue aussi dans l’après midi. On se réunit encore autour du violon jusqu’au coucehr du soleil où l’on se sépare. Certains vont rassembler leurs troupeaux, d’autres vaquent à leurs affaires, cela jusqu’à la tombée de la nuit.
La réunion galante reprend jusqu’à l’heure de la traite. L’une des femmes dira aux hommes : -« levez-vous ! » Eux lui demandent alors : -« Pourrons-nous revenir (tout à l’heure) ? » Elle leur répond : - « Les jeunes filles ne sont pas sous mon autorité ! » Les hommes rétorquent :-« N’est-ce point toi qui préside la réunion ? » Elle répond : -« tout à l’heure, tant que je jouais du violon, je présidais la soirée, maintenant, c’est l’heure d’aller dormir ! »
Les hommes lui demandent alors :-interroge pour nous les filles ! » Et, elle leur dira :-« Elles vous disent de revenir. » Chacun raccompagne son amie jusqu’à sa tente et retourne chez lui. Il dîne et repasse prendre son amie. »
Durant ces soirées, au son du violon les hommes chantent leur bien aimée, évoquent la vie pastorale et tous les sujets de la vie quotidiennes. L’imzad fait partie des reliques d’un passé où la splendeur touarègue s’appuyait essentiellement sur des pratiques guerrières. Dans les combats, les guerriers cherchaient toujours à êtres braves de peur que leurs femmes ou leurs fiancées ne les privent de musique. « Il n’y aura pas d’imzad » » (sic) disaient-ils au retour d’un combat malheureux.
Castelli-Gattinara, (1996 :121-122) écrit : « L’histoire, la tradition, les valeurs, les
institutions de ce peuple sont contenues dans sa poésie. […] Les thèmes dominants sont la guerre, l’amour, la vie pastorale, car ce sont bien ceux-là, et aucun autre, les sujets de la vie
quotidienne. Cependant, la poésie touarègue englobe dans son récit toute l’existence humaine ; au-delà du fait guerrier, amoureux ou pastoral, elle laisse entrevoir, transparente, la vie du
campement des femmes, des vieux, des enfants ; elle montre les réactions de l’individu aux sollicitations quotidiennes et extraordinaires, le rapport avec les choses du monde et avec Dieu.
Voici pourquoi cette poésie, outre le fait d’être une expression littéraire, peut être définie comme l’identification authentique qu’une culture fait d’elle-même. »
Il faut dire qu’aujourd’hui, que les bonnes joueuses d’imzad sont rares et âgées. La situation n’est guère satisfaisante en ce qui concerne les chanteurs. Et pourtant à ce jour de Tamanrasset à Ideless ou Tazrouk, de Djanet à Bordj el Haoues à chacune de nos visites la fiert é de nos hôtes est de nous préparer une soirée Imzad.
L’imzad a toujours été et reste un espace de rencontre, de dialogue, d’échanges et d’enrichissement pour l’âme.
L’imzad, ce violon à une seule corde restera notre lien l’unique et le seul…
A partir de la complainte du silence….C’est la conquête de l’espace.
Dans ces espaces infinis,
Ces espaces qui nous séparent et qui nous retrouvent…
Ces espaces où se mêlent l'ombre et la lumière ... L'écouter c'est sentir les vibrations de so
Ces espaces où se mêlent l’ombre et la lu mière…l’écouter c’est sentir les vibrations de l’âme !
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||